J'ai encore vu un de ces épisodes, là, de "Belle Toute Nue" sur M6. La fille, Clarisse ou je ne sais quoi, négligée au possible, les cheveux sales, l'air fatigué, un gros pull XXL sur le dos, n'en peut plus de son corps et tralala... T'es prête à pleurer de pitié pour elle quand soudain, la voix-off raconte: "Son compagnon a bien essayé de l'aider, mais ça n'a pas fonctionné...". Et là, gros plan sur le type en question, le "compagnon" de la Chose, si je puis me permettre, et s'ensuit une petite Confession Croustillante (C.C.) sur sa vie de couple: "Ouais, bah, j'aimerais bien que Clarisse remette sa petite lingerie, là..." *il indique un carton rempli de lingerie, et présente quelques articles*: "ça par exemple, c'est sexy... ça aussi c'est pas mal! Mais j'ai beau dire à Clarisse qu'elle est belle et qu'elle devrait les mettre, ça ne marche pas quoi..." et non, mesdemoiselles, le type n'a PAS lâché l'affaire... Il a encore dit que ça faisait un "bout de temps" que Clarisse ne mettait plus cette lingerie, et que d'ailleurs c'est pour ça qu'il la gardait dans un carton (la lingerie, donc) ("un bout de temps", d'ailleurs, quel bel euphémisme! 5 ans c'est, un BOUT de temps hein ^^). Donc ça fait cinq ans que la créature mi-femme, mi-chose effectue tranquillement son évolution, sa mutation je dirais, au stade terminal de l'absolu vide de la beauté, des abysses de l'immondice, et le mec, il est TOUJOURS LÀ!
Commence alors une réfléxion lente mais aboutie sur l'injustice notable omniprésente, dans toutes les occasions de la vie et sur toutes les parcelles habitées du globe. La sensation de s'être fait avoir, ou "rouler", dans un sens plus familier, de ne pas avoir vraiment seulement de la malchance, mais de ne jamais avoir en tout cas UN coup de chance particulier qui fait que hop! tout à coup la vie devient moins insignifiante et inutile.
Par contre, cette femme-là, dans l'émission, qui pleurniche et tout, ben elle va s'accepter telle qu'elle est, se faire relooker gratos - aux frais de la prod'? -, se faire coacher par un personnage hyper-caricatural, se faire complimenter sur une photo d'elle, projetée sur des façades d'immeuble au beau milieu de Paris, en sous-vêtements, et faire du shopping, entre autres... Résultat des courses: elle est un peu plus sûre d'elle, elle a des fringues neuves, un maquillage théâtral, elle a rajeuni (d'au moins 1 année) grâce aux compétences des maquilleurs/coiffeurs, et puis l'essentiel: le Type.
Celui qui a gardé espoir jusqu'au bout et qui se retrouve récompensé, on lui échange sa vieille copine/femme dépressive et suicidaire, renfermée et sale, contre une femme pétillante, aguicheuse et full of self-confidence - si je veux me la jouer franglais mec, hé ouais, j'le fais - haha -_-'. Une photo de sa femme, nue, faite par un Pro, lui sera aussi remise, et là du coup leur vie à eux deux elle redevient trop bien. Pis toi, t'es là, assise sur le canapé, non dirons-nous plutôt "avachie", tu effectue un quart de tour de tête sur la gauche et tu vois ton reflet dans le miroir. Tu te dis "Bon, ben là forcément, on est dimanche, mais franchement, la semaine, un jour au moins, j'suis quand même un peu mieux que ça et vachement mieux que ce qu'est la Clarisse - (res)sus-citée - en temps normal, je veux dire, chaque jour.". Mais alors, pourquoi ces femmes trouvent des gars qui les supportent, les trouvent belles, les aiment même, alors qu'elles sont plaintes de toutes parts, que les gens ont de la compassion pour elles - cette phrase est valable dans l'autre sens aussi - et ont envie de les aider à se sentir mieux? Faut-il être vraiment malchanceuse au possible, dans les limites de l'acceptable moralement et psychologiquement parlant - esthétiquement aussi, soit - pour avoir juste une fois dans sa vie, quelqu'un - entouré de 40 techniciens, cameramen, réalisateur, éclairagiste, j'en passe - qui débarque à la maison en disant "Viens, je t'emmène, on va t'aider!". Pourquoi ELLE elle a quelqu'un ?
Parce que merde, moi, pour la peine, je veux bien que les gens aient pitié de moi, qu'ils veuillent m'aider à ce que j'accepte le fait que, oui, bon, j'ai pneu autour de la taille, j'ai des boutons, je me brosse les dents une fois tous les 36 du mois, mais j'ai un copain qui est là & qui m'aime, alors ho! arrête de te plaindre, maintenant, viens, on va chez M6 on va faire Belle Toute Nue! Et PAF! une semaine et quelque plus tard, me voilà relookée, transformée, épanouie, et avec TOUJOURS l'homme fort à côté de moi, souriant - qui a d'ailleurs récupéré un peu de motivation depuis que je ne suis plus tellement un immense laideron - prête à affronter la vie d'une nouvelle perspective (Panic At The Disco - New Perspective, en passant ^^)... Sinon quoi?
Sinon on est juste, ben, là quoi. On n'est pas la plus infecte créature de la Voie Lactée, mais on n'est pas non plus Ashwariya Rai; on n'est pas trop naze en français, mais on n'est qu'une sacrée quiche en maths; on n'est pas méchante, mais putain qu'est-ce qu'on est chiante... (Louise Attaque - Léa)
Et donc, du fait qu'on et dans la moyenne, qu'on se fond dans la masse, on n'est pas vraiment digne d'intérêt.
Et merde moi j'aimerais bien être digne d'intérêt, même si c'est que pour une seule personne, même si c'est pour un animal de compagnie... -_-' (La célibataire endurcie de 45 ans avec ses douze chats, qui n'arrivent d'ailleurs même plus à ronronner... O_O).
J'ai l'impression que la vie, c'est Lily Allen qui la chante exactement comme ça dans 22 (prononcer "Twenty-two" avec l'accent british, on n'est pas des quiches hein --') (Lily Allen - 22).
"Its sad but its true how society says her life is already over; theres nothin to do and theres nothin to say. Until the man of her dreams comes along, picks her up, and puts her over his shoulder, it seems so unlikely in this day and age."
Bon, soit, la fille de la chanson elle avait 22 ans quand le futur lui semblait éclatant, et a presque 30 lors de la chronologie exacte, au moment où Lily Allen le chante. En 8 ans elle est passée de "pleine d'espoir" à "désespérée", parce qu'elle n'a pas trouvé son prince charmant, et bla bla bla. Bon moi j'en ai 18 (et demi à minuit d'ailleurs ^_^), mais j'ai l'impression - surtout ces temps, je dois vraiment être un peu affaiblie, je sais pas, par le froid, par exemple - que tous les gens de mon âge, enfin dirons-nous de ma tranche d'âge approximative, sont en couple.
Sorties par-ci, resto par là, petites attentions et compagnie. Et pis bon, comme on est impair, faut bien qu'y'en ait un(e) tout(e) seul(e) [en l'occurrence, moi], qui attende son tour. Mais des fois on ne retire pas les équipes. Les groupes de deux, les couples, sont formés, et y'a jamais "d'autre" pour soi. C'est comme la chaise musicale; la musique s'arrête, et si tu trouves pas de chaise, tu te sens un peu honteux et ridicule, debout, au milieu de tous les autres, assis, qui eux ONT trouvé une chaise libre... (Bon la métaphore est complètement naze mais je crois que l'idée est bien illustrée comme ça.).
Et tu restes, seule, face à tes échecs de toutes parts, sans personne pour te tenir la main, jamais. Bien-sûr y'a les amis, mais comme dit MasterCard, "il y a des choses qui ne s'achètent pas"... [J'avoue là c'était carrément moisi, mais pardon, j'ai pas pu m'en empêcher^^. Rien de bien méchant en soi.]
Des choses qui ne s'achètent pas, s'entend, des choses sur lesquelles on n'a aucun pouvoir. On ne contrôle pas grand-chose, en fait. On est des pauvres pions sur le Monopoly ou je sais pas quoi, et pis voilà tu lances le dé, et ou tu l'as, ou tu l'as pas. Le jackpot. Je conclus mon stupide texte en musique, c'est par là.
(Stupide ou pas, personne ne lit jamais les textes de ce genre, de toutes façons, alors bon ^_o)
Bonne nuit.

